Une salle de bain zéro déchet

Entre 354 et 536 kg.

Non, ce n’est pas la fourchette de poids du dromadaire (presque) mais bien la quantité de déchets que chaque français produit en une année, respectivement selon l’Ademe et Eurostat. Bien que les méthodes de calcul diffèrent, le constat reste le même : c’est beaucoup, beaucoup, beaucoup… trop. Suremballage et surconsommation sont les deux phénomènes qui conduisent à ce triste bilan.  

Crédit photo : Sophie/Flickr

Face à cela, que faire pour réduire ses déchets ? Une semaine après la journée “zero waste” organisée à GEM, on te propose quelques petits tips côté salle de bain, qui te guideront vers une salle de bains zéro déchets ! Fini les poubelles qui débordent de cotons, de flacons vides ou d’emballages carton, voici 8 astuces pour limiter les déchets ménagers de ta salle de bain.

 

Bye les gels douche, bonjour le savon !

En plus de limiter les déchets, utiliser du savon pour se laver te fera économiser un bon paquet d’argent. Fini les gels douche enrichis en parfums chimiques et perturbateurs endocriniens : on mise sur un bon vieux savon traditionnel en bloc. Savons de Marseille et d’Alep sont particulièrement intéressants, car ils sont produits à partir d’huiles végétales, sans additif, donc bien meilleurs pour la peau (et pour l’environnement). En plus, leur pouvoir lavant est supérieur à celui du gel douche.

Où s’en procurer ? Dans les savonneries, il est possible d’acheter des savons « en vrac » : zéro emballage ! En magasins non spécialisés, ils sont souvent entourés d’un emballage carton ou d’un film plastique, ce qui fait tout de même beaucoup moins de déchets qu’avec un flacon de gel douche.

 

 

On se débarrasse de son flacon de shampoing

Non, il ne s’agit pas de se laver les cheveux au savon de Marseille. Pourtant, il est possible de prendre soin de sa masse capillaire tout en évitant les shampoings classiques et leur packagings pas très écologiques. Pour ça, on mise sur un shampoing solide.

C’est le même principe qu’un savon en bloc : un petit galet que l’on humidifie, on le fait mousser, et le tour est joué. Bien que ça ne paraisse pas très attrayant, Lush a pourtant popularisé le concept en proposant une gamme très variée de shampoings solides, adaptés à différents types de cheveux. Et le tout cruelty free bien sûr, dans l’esprit de la marque.

Attention cependant à l’humidité de la salle de bains qui peut venir abîmer le shampoing solide : on pense à le ranger dans une petite boite hermétique lorsqu’on ne l’utilise pas.

 

Crédit photo: Patty Nason/ Flickr

 

On revoit sa façon de se brosser les dents

Promis, toutes les astuces de cet article ne consistent pas à échanger ses produits cosmétiques classiques contre des produits solides. Mais il se trouve qu’encore une fois, pour le dentifrice, il existe une alternative… solide. Qu’il soit sous forme de bloc ou de petites pastilles à croquer, le dentifrice solide forme une mousse au contact de l’eau, et lave tout aussi bien qu’un dentifrice classique.

Sinon, pour les adeptes du DIY, on trouve de nombreuses recettes de dentifrice maison qui vous permettront de vous affranchir de tout emballage. Les réseaux sociaux regorgent de recettes variées. Parmi les ingrédients, on retrouve principalement de l’huile essentielle d’arbre à thé (antiseptique), de menthe poivrée (rafraîchissante), de l’argile ou encore du bicarbonate de soude, deux abrasifs doux. Où s’en procurer ? On trouve le bicarbonate en grande surface, mais il faut faire attention et prendre du bicarbonate alimentaire. Le reste se trouve en magasin bio ou sur internet.

Et pour les inconditionnels du dentifrice classique, on mise sur un produit sans emballage.  

En ce qui concerne la brosse à dents, on troque sa brosse à dents en plastique contre une en bambou, biodégradable et sans traitement chimique, donc meilleure pour la santé car sans perturbateurs endocriniens. A noter qu’aujourd’hui, 12 000 tonnes de brosses à dents sont jetées chaque année, dont la majorité en plastique.

On limite l’usage du coton

 

Un coton, deux cotons, trois cotons… le démaquillage, ça produit beaucoup de déchets. Et les adeptes d’un maquillage complet savent qu’il en faut beaucoup – des disques de coton – pour se débarrasser de tout ce qu’on s’est appliqué. Alors pour arrêter d’en jeter des tonnes, on mise sur une éponge démaquillante. Lavable, ce petit bijou révolutionne la routine du soir, et se prête à tout type de peau. Il suffit de l’humidifier, d’y appliquer son démaquillant et de frotter doucement son visage.

Ces éponges sont trouvables en grande surface et sont très peu onéreuses. Pour une éponge naturelle, il faudra jeter un coup d’œil en magasin bio.

Pour les cotons tiges, on préférera ceux en bois plutôt qu’en plastique, car même si on en jette en quantité égale, ils ont le mérite d’être biodégradables.

 

 

Crédit photo : Daria Shevtsova/ Pexel

On change de gommage !

Avec un gommage acheté en grande surface, on se retrouve face à la même problématique qu’avec les gels douche et shampoings : le flacon en plastique, et parfois l’emballage. Mais ce n’est pas tout : ces produits contiennent des microbilles en plastique impossibles à filtrer lors du traitement des eaux usées. On retrouve donc au fond des océans près d’un million de ces micro-déchets par kilomètre carré qu’on ne peut éliminer … Alors que faire pour arrêter de nuire aux océans ?

Avis aux plus manuels : on fabrique son propre gommage. Là encore, les recettes sont nombreuses et on en trouve pour tous les goûts. Parmi les agents exfoliants les plus intéressants, on trouve le marc de café : riche en caféine, il permet de donner un coup de boost à sa peau et de lutter contre la cellulite. Il est toutefois déconseillé sur le visage où la peau est fragile. Le sucre lui est très efficace, il peut être utilisé sur le visage (on y va doucement quand même) comme sur le corps et décliné dans de nombreuses recettes.

 

 

Pour les sceptiques ou les flemmards qui ne seraient pas tentés par un exfoliant home-made, reste le gant en crin. D’origine animale ou végétale, cet accessoire à l’apparence austère fait ses preuves depuis bien longtemps : on l’appelle d’ailleurs gant de grand-mère. Rugueux, il permet de gommer les cellules mortes et d’améliorer l’aspect de la peau. On l’utilise sous la douche, et on y va doucement sans quoi on risque de se retrouver avec le derme irrité. Les peaux les plus fragiles préféreront un gant en Loofah, plante d’Asie dont les fibres sont plus douces et souples que celles du gant en crin.

On fait attention à sa lessive

Laver son linge, c’est coûteux en emballage lorsqu’on achète de la lessive, de l’adoucissant, des lingettes anti-décoloration. Mais le problème avec ces produits, c’est leur nocivité : nombreux sont ceux qui y ont déjà fait une réaction allergique. Encore une fois, additifs, parfums et perturbateurs endocriniens sont en cause. Alors face à cette double problématique, on ne vantera jamais assez les mérites d’un produit lavant fait maison.

Là encore, on a carte blanche en ce qui concerne la recette, puisque de nombreuses alternatives existent sur internet. Cependant le savon de Marseille sera dans tous les cas un allié précieux du fait de ses propriétés évoquées plus haut. Courant décembre, Micro-ondes vous proposera un tuto simple et peu coûteux pour réaliser vous-même votre lessive. Et on stocke le tout dans un récipient réutilisable (comme une bouteille en verre) pour limiter ses déchets !

Et pour sécher son linge tout propre, quoi de mieux que le bon vieil étendage : en plus d’apporter à votre appartement une touche feng-shui en exposant vos plus belles culottes et caleçons, il consomme zéro énergie, contrairement au sèche-linge.

Stop au déodorant

 

 

Être écolo ne signifie pas renoncer à une bonne hygiène, aussi on ne va pas recommander d’arrêter de se mettre du déodorant, mais plutôt d’en changer. Pas besoin de vous faire un schéma, vous l’avez bien compris à force : c’est encore l’emballage et la composition du produit qui pose problème pour l’environnement et pour la santé. Alors face à ça, on opte pour la pierre d’Alun !

Mais c’est qui Alain ? Antibactérienne et astringente, cette pierre naturelle limite la sudation lorsqu’on l’humidifie et on la frotte sous les aisselles. On se la procure en magasin bio. Attention cependant aux peaux sensibles car ce produit peut s’avérer irritant.

 

 

Crédit photo : Marco Verch/Flickr

Un produit multifonction ?

Pour terminer ces petites astuces, voici un produit phare, qui permet de se débarrasser de plusieurs produits de beauté pour n’en garder qu’un : l’huile de coco. On mise sur une huile bio, 100% naturelle.

Utilisable en cuisine, elle constitue un produit cosmétique de choix : on peut l’utiliser aussi bien en masque hydratant pour les cheveux qu’en baume nourrissant pour le corps, le visage, les mains, ou encore comme démaquillant : les corps gras favorisent l’élimination du maquillage, même waterproof.

On la trouve en magasin bio ou en rayon bio en grandes surfaces. Et pour ceux qui n’aiment pas l’odeur de ce produit, il existe des huiles désodorisées.

C’est tout pour ces petites astuces, en espérant que ça vous aura plu. Le but de cet article n’est pas de vous imposer une liste de choses à faire mais bien de vous inviter à réfléchir aux produits qui se trouvent dans votre salle de bain, et vous donner des idées d’alternatives plus saines et écologiques. La liste est bien entendu non-exhaustive, et si vous connaissez d’autres manières de réduire vos déchets, c’est génial !

Il est important de noter que certains produits proposés comme alternatives sont plus onéreux à l’achat que des produits « classiques ». Cependant, leur durée de vie est supérieure, ainsi ils reviennent moins cher avec le temps.

Je réduis mes déchets, je me débarrasse de produits nocifs pour ma santé, le tout sans me ruiner : que demander de plus ?

 

 

Camille Rebrion, reporter ImpAct

Sources :

Le site du CNIID (Centre National d’Information Indépendante sur les Déchets)

Recettes dentifrice zéro déchet sur le blog Les trappeuses

Recettes dentifrices zéro déchet sur le site consommer durable

Gommages, exfoliants: les microbilles des cosmétiques nuisent à l’environnement, L’express Style, publié le 27/06/2014 par Marine Simon

Pourquoi choisir le bambou, planète panda