Top 10 des bonnes nouvelles en matière de préservation des espèces animales

Sauf si vous êtes un passionné de diversité animale et végétale, vous ne connaissez sans doute pas l’UICN et encore moins sa liste rouge. Alors pour la faire courte, de quoi que ça s’agit ?

L’UICN, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature est une ONG créée en 1948 et dont le but, vous l’aurez deviné, est d’œuvrer à la préservation de la biodiversité de notre planète, qu’il s’agisse de faune ou de flore.    

Elle est en charge de mettre à jour constamment une immense base de données appelée « liste rouge », dans laquelle sont recensées les espèces en danger. Celles-ci sont catégorisées selon trois appellations : « CR » pour critically Endangered, soit les espèces en voie critique d’extinction ; « EN » pour  endangered, désignant les espèces en voie de disparition ; et « VU » pour vulnerable, qui réfère aux espèces menacées de disparition.

Notons par ailleurs que cette classification est un vrai casse-tête et que toutes les espèces n’ont pas été totalement évaluées, et de nombreuses sont classées « DD » (data deficient). Il se pourrait donc qu’en réalité, le bilan soit bien plus lourd.

Aujourd’hui, 27 000 espèces référencées sur la liste rouge entrent dans l’une de ces trois catégories, soit 27% de la totalité des espèces enregistrées par l’UICN.

La proportion d’espèces menacées par catégorie d’animaux et de végétaux varie, et on note notamment que 40% des espèces d’amphibiens recensés sont classés dans l’une des trois catégories d’espèces menacées, aux côtés de 25% des espèces de mammifères. 31% des espèces de requins et de raies et 33% des espèces de coraux sont elles aussi en danger.

Craig Hilton Taylor, à la tête du département responsable de cette liste rouge déclare que « la sixième extinction massive d’espèces est en marche », bien plus rapide que les 5 précédentes que la Terre ait connu. Cependant, optimiste, il ajoute que quelques « réussites en matière de conservation montrent qu’il y a encore un espoir pour l’avenir de notre planète ».

Alors, dans la veine de Craig Taylor, au pôle reporter on a décidé d’être optimistes pour changer un peu de la tonalité générale, et on vous a fait un top 10 des bonnes nouvelles en matière de conservation animale. C’est parti !

1 – Le tigre du Bengale

Les populations du tigre du Bengale sont localisées en Inde, en Bangladesh, mais aussi en Birmanie et au Népal. Dans ce dernier pays, la population était estimée à 120 individus en 2009, victime de la déforestation et d’un braconnage intensif.

Crédit: Pixabay

Pour autant, le gouvernement népalais, investi dans la Global Tiger initiative portée notamment par la Banque Mondiale en 2010, s’est ainsi engagé à faire doubler la population de tigres du pays en 12 ans en augmentant les espaces naturels qui leurs sont dédiés et traquant les braconniers. Personnalité notable, Leonardo Dicaprio a également versé 1M$ à la WWF pour le renforcement des mesures anti-braconnage dans la région Bengale.

Grâce à des pièges photographiques et des modèle statistiques, les scientifiques suivant les populations de tigres localisés dans les parcs naturels du Népal ont observé une augmentation encourageante de la population en 10 ans, puisqu’aujourd’hui, ils sont près de 235. Cet accroissement est non négligeable à l’échelle globale, puisque la population mondiale du fauve est estimée à un peu moins de 4000 individus.    

L’augmentation de l’espérance de vie des tigres du Bengale et la bonne santé des nouveaux nés sont également le signe d’une rémission de l’espèce dans cette région du monde.

2 – Le rorqual commun

Sous-espèce de la baleine grise, le rorqual commun a vu sa population presque doubler en 40 ans : avec près de 100 000 individus aujourd’hui, cette espèce est désormais classée « vulnérable » et non plus « en danger » par l’UICN.

La chasse qui a été réglementée au cours des dernières décennies était la principale cause de la raréfaction de ces cétacés, mais aujourd’hui encore, elle n’a pas totalement cessé. De plus, au même titre que les autres cétacés, les rorquals communs sont constamment menacés par les filets de pêche laissés à l’abandon dans lesquels ils se coincent malencontreusement, mais aussi par les collisions avec les bateaux. Enfin, le réchauffement climatique rend leur nourriture plus difficile à trouver et perturbe les migrations de ces mastodontes.  

3 – Le renard polaire

Adorable petite boule de poil, le renard polaire vit comme son nom l’indique dans la région du cercle polaire. Le réchauffement climatique nuit fortement à l’animal, car il menace ses populations qui doivent toujours remonter plus au Nord pour pouvoir rencontrer des conditions climatiques viables. La chasse est également un facteur majeur de l’amoindrissement des populations de renards polaires.

Crédit: Unsplash

Adorable petite boule de poil, le renard polaire vit comme son nom l’indique dans la région du cercle polaire. Le réchauffement climatique nuit fortement à l’animal, car il menace ses populations qui doivent toujours remonter plus au Nord pour pouvoir rencontrer des conditions climatiques viables. La chasse est également un facteur majeur de l’amoindrissement des populations de renards polaires.

L’Islande, et notamment la région de Hornstrandir, au Nord du pays, est aujourd’hui un sanctuaire pour le petit mammifère. L’Arctic Fox Center créé par Pall Hersteinson surveille de près l’évolution des populations de renards polaires sur le territoire islandais, et note qu’en 50 ans, la population a été multipliée par 10 : elle compte aujourd’hui près de 6500 individus.

Le climat favorable de l’île et l’absence de prédateurs sont les principaux facteurs expliquant qu’à cet endroit seul du globe, la population de renards polaires soit en augmentation.

4 – Le gorille des montagnes

En danger critique d’extinction en 2010, avec près de 600 individus, le gorille des montagnes a payé le prix fort du braconnage, des instabilités géopolitiques, des maladies transmises par l’homme et de l’exploitation des ressources naturelles en Afrique Subsaharienne.

Face à cette situation regrettable, les actions conjointes d’ONG (dont la Dian Fossey Gorilla Fund) mais aussi des gouvernements ougandais, rwandais et congolais ont permis de sauver ces grands singes de la disparition en sécurisant et augmentant les espaces naturels qui leurs sont dédiés.

Emmanuel de Merode, directeur du parc national des Virunga (RDC), a fait part d’une excellente nouvelle l’année dernière, annonçant que les gorilles des montagnes qui s’y trouvaient étaient passés de 186 individus en 2010 à 286 individus en 2018.

L’espèce dans sa totalité compte donc désormais plus de 1000 individus, soit l’effectif le plus élevé jamais connu pour cette sous-espèce. Elle est donc nouvellement qualifiée comme « espèce en danger d’extinction ».  

5 – La baleine à bosse

Des chercheurs de l’université de Queensland observent les migrations annuelles des baleines à bosse sur les côtes australiennes depuis 2004, et ont observé une hausse très encourageante de cette espèce : presque éteintes à cause de la chasse dans les années 60s, ces jubartes étaient alors seulement quelques centaines.

Mais la chasse commerciale ayant été interdite dès 1961, leur population s’est rapidement remise de cet épisode et on comptait en 2015 plus de 25 000 baleines à bosse.

Crédit: Pixabay

Mais la chasse commerciale ayant été interdite dès 1961, leur population s’est rapidement remise de cet épisode et on comptait en 2015 plus de 25 000 baleines à bosse.

Ironie du sort, ces mêmes chercheurs d’après des modèles statistiques estiment que la population de baleines à bosse risque, entre 2021 et 2026, d’augmenter jusqu’à 40 voire 50 000 individus, ce qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour ces cétacés : alors trop nombreux pour leur environnement, ils n’y trouveraient plus les ressources nécessaires à leur survie, et un nombre trop élevé de leurs congénères sur une petite portion d’océan pourrait conduire à des affrontements entre les individus.

6 – Le panda géant

Crédit: Unsplash

Emblème de la Chine, le panda géant a été pendant plusieurs années une espèce classifiée comme « en danger ». La cause ? Une natalité très faible chez ce grand mammifère et une raréfaction du bambou dont il se nourrit à cause du réchauffement climatique et de l’essor des activités humaines qui réduit son environnement.

Le gouvernement chinois, appuyé entre autres par la WWF, a œuvré à la création de nouvelles réserves naturelles où les pandas peuvent vivre à l’écart des hommes, tout en bénéficiant d’un suivi scientifique de leur démographie afin d’enregistrer les évolutions de la natalité dans leur population.

Ainsi, l’effectif de sa population est passé de 1114 individus en 1980 à 1864 en 2014, et l’espèce est désormais classée « vulnérable » par l’UICN. Toutefois, les efforts restent à poursuivre car les effectifs de sa population sont encore faibles, et les dangers pensants.

7 – L’iguane bleu

Crédit: Pixabay

Ce reptile étonnant se trouve à l’état sauvage exclusivement sur les îles Caïmans. En 2002, la population d’iguanes bleus ne comptait pas plus d’une trentaine d’individus, ce qui lui a valu d’être inscrite sur la liste d’espèces en danger critique d’extinction.

Grâce à l’ambitieux Blue iguana recovery program porté par l’ONG National trust for Cayman Islands, l’espèce est aujourd’hui classée « en danger ». En effet, ce programme qui permet la reproduction en captivité de l’iguane bleu avant de le relâcher dans la nature a assuré depuis 2002 la libération de 1000 individus dans l’archipel. Aujourd’hui, le programme continue à assurer la pérennité de son action et garantir la diversité génétique des iguanes des îles Caïmans.

8 – La crécerelle de Maurice

Crédit: Unsplash/Vincent van Zalinge

La crécerelle de Maurice est un rapace de la même famille que les faucons. On la trouve uniquement sur l’île du même nom. La population en danger critique d’extinction en 1974, avec un effectif de seulement quatre individus, est aujourd’hui un cas exemplaire de l’efficacité des politique de conservation : l’UICN qualifie sa repopulation d’« une des réussites les plus importantes au monde en matière de sauvegarde des oiseaux ». En effet, les crécerelles sont aujourd’hui environ 400, soit une multiplication par 100 en un peu plus de 40 ans.  

9 – Le lynx ibérique

Crédit: Unsplash/Zdeněk Macháček

Plus petit que son cousin du Nord, le lynx pardelle ou lynx ibérique évolue dans le centre sud de l’Espagne, en Andalousie notamment. Il était considéré au début des années 2000 comme le félin le plus menacé du monde : on ne comptait plus que 94 individus dans toute la péninsule ibérique, répartis dans les parcs naturels de Doñana, dans l’estuaire de Guadalquivir et de la Sierra de Andujar.

La trop faible population de lapins, dont le lynx ibérique se nourrit, mais aussi les pièges et la forte mortalité sur les routes ont failli avoir raison du félin. Heureusement grâce à un financement important de la part de l’Union Européenne, l’initiative Life+Iberlince et son programme visant à reproduire et localiser les lynx ibériques a sauvé l’animal de la disparition.

Nés en captivité, les lynx sont entraînés à chasser avant d’être relâchés dans leur environnement naturel. Le projet a porté ses fruits puisqu’on comptait début 2018 près de 590 félins sur le territoire espagnol, et les efforts se poursuivent pour parer le taux de mortalité encore élevé : nombreux félins meurent encore percutés sur les routes.

10 – Grand hapalémur

Crédit: Pixabay/Andrea Bohl

Peuplant jadis les vastes forêts originelles de Madagascar, on pensait le grand hapalémur éteint à la fin du XXe siècle, à cause de la déforestation de 90% de son habitat naturel. Cependant des spécimens ont été redécouverts à la stupeur de la communauté scientifique qui a mis en place tous les efforts possibles pour conserver cette espèce en danger critique d’extinction, avec des programmes de reproduction dans les élevages en captivité.

Des associations ont aussi assuré la pérennité de l’espèce, comme Helpsimus, l’association Française pour la Sauvegarde du Grand Hapalémur qui depuis 2009 sensibilise les populations à la fragilité de l’environnement du lémurien et finance sa protection.

Désormais, on compte désormais 40 grands hapalémurs dans la nature, et 20 en captivité. Le combat est loin d’être gagné et la déforestation est encore très présente dans cette région du monde, aussi les efforts sont à poursuivre pour mettre le grand hapalémur hors de danger.

Vous l’aurez compris, ces quelques bonnes nouvelles, aussi enthousiasmantes soient-elles, ne sont pas une raison de prendre pour acquis l’avenir de notre planète et de sa biodiversité : dans la majorité des cas, les hausses démographiques des populations menacées de disparition sont certes significatives mais quand même faibles si on les compare au nombre d’individus qui peuplaient la Terre il y a 200 ans. L’augmentation des activités humaines en dépit de la préservation de l’environnement continue chaque jour de menacer toujours plus d’espèces, et la liste de l’UICN s’étoffe parallèlement.

La prise de conscience qui semble s’amorcer depuis quelques années est à mettre en perspective, et il incombe à chacun d’entre nous de faire les efforts même les plus anodins pour pérenniser et renforcer la conscience écologique collective.

Notez également que la liste proposée ci-dessus n’est bien entendu pas exhaustive, et qu’il existe d’autres espèces dont la condition de vie s’améliore grâce à des programmes de préservation, alors si cela vous intéresse nous vous invitons à faire des recherches approfondies sur le sujet !

Camille Wiesner, Reporter ImpAct

Sources:

Au Népal, la population de tigres a quasiment doublé en dix ans

Le rorqual commun n’est plus une espèce menacée d’extinction

Islande : le dernier sanctuaire des renards blancs

Article sur les renards polaires

RDC : La population des gorilles en croissance dans le parc des Virunga

Les gorilles des montagnes sortent de la brume

Les gorilles des montagnes sortent de la brume

Humpback whale numbers recover off Queensland but new risks threaten survival

Humpback whales at risk from population explosion

From the brink of extinction to an overpopulation crisis: Rapid rise in humpback whale numbers could overwhelm the Southern Ocean and starve the species

La population de pandas géants augmente

La population de pandas géants augmente en Chine

Panda géant, emblème de la protection de la nature

Blue Iguana Recovery Programme reaches milestone with 1,000th release

The Blue Iguana Recovery Programme

Stanley Johnson on the revival of the blue iguana in the Cayman Islands

Le lynx d’Espagne n’est plus menacé de disparition

Life+IBERLINCE Project

Le lynx d’Espagne n’est plus menacé de disparition

Le lynx ibérique hors de danger?

Le lynx ibérique sauvé de l’extinction

Crécerelle ou iguane bleu : pas que des mauvaises nouvelles dans la nature

Vidéo sur cinq espèces sauvées par des programmes de préservation

Site de Helpsimus

Le grand Hapalémur