Fin 2018, à Katowice en Pologne, s’est déroulée la 24e Conférence des Parties, plus communément appelée COP 24. Ainsi, les 197 Etats parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) ont eu à discuter des modalités d’application des accords de Paris et à avancer sur le dialogue de Talanoa pour la relève de l’ambition d’ici 2020.

D’un autre côté, de plus en plus de citoyens prennent conscience qu’il est urgent d’agir et se mobilisent donc pour obtenir des mesures concrètes. On pense notamment à Greta Thunberg qui a fait un discours remarquable lors de cette conférence en concluant par une phrase restée dans les mémoires: “Le vrai pouvoir appartient au peuple.”.

Mais avant même de parler de ce qui a été fait lors de cette conférence et des initiatives citoyennes en matière du climat, petit retour sur l’origine et le principe même des COP.

Point de départ historique : le Sommet de la Terre de Rio

Le Sommet de la Terre à Stockholm a soulevé pour la première fois des questions environnementales en 1972 et la première conférence mondiale sur le climat de 1979 à Genève, a, quant à elle, lancé un Programme de recherche climatologique mondial, sous la responsabilité d’organismes. La mobilisation en faveur du climat commence à partir des années 80, moment à partir duquel la communauté des scientifiques comprend peu à peu que les activités humaines ne sont pas sans conséquence. Mais ce n’est qu’en 1992 au Sommet de la Terre à Rio que les inquiétudes s’amplifient, c’est alors que 196 nations et l’Union Européenne ratifient la Convention-cadre des Nations unies, et invente donc le principe des COP. Cette convention implique de se réunir chaque année afin de limiter le dérèglement climatique, qui fut dès lors officiellement reconnu.  

Ce sommet a permis d’établir une base politique, s’ensuit l’adoption en 1986 du protocole de Montréal sur la préservation de la couche d’ozone, et la création par l’ONU en 1988 du Groupe intergouvernemental d’experts sur le réchauffement climatique (GIEC). Pour autant, le processus d’action pour la réduction du réchauffement climatique n’a vraiment démarré que dans les années 1990 avec la première COP faisant suite au Sommet de la Terre.

Un processus long mais nécessaire

Au vu du nombre de parties concernées, difficile de faire des miracles en peu de temps. C’est pourquoi nombreuses sont les Conférences réalisées par rapport au nombre d’actions réellement entreprises. Revenons sur les plus emblématiques d’entre elles.

La première COP, qui a eu lieu à Berlin en 1995, a permis la confrontation des pays industrialisés et des pays en développement plutôt que l’élaboration de mesures concrètes.

1997, Kyoto : Durant la COP 3, les parties se sont engagées à réduire d’au moins 5% les émissions de GES entre 2008 et 2012. Ici encore, des confrontations éclatent. Certains pays développés sont pour l’égalité des devoirs en matière d’adoption des quotas d’émission, alors que les PED trouvent cela injuste.

Jusqu’en 2001, les désaccords se poursuivent. En 2005, les accords de Kyoto sont entrés en vigueur lors de la COP 7 à Montréal, la condition de la ratification d’au moins 55 pays dont la quasi-totalité des pays de l’OCDE étant respectée (on remercie l’Islande, dernier pays à l’avoir signé). Le protocole de Kyoto est une réussite collective puisqu’une réduction supérieure à 20% a été enregistrée, même si les Etats-Unis ont signé le protocole sans pour autant le ratifier.

2009, Copenhague : la COP 15 se fixe comme objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C (au lieu de 4 à 6°C d’après les statistiques). Cette limitation est jugée acceptable bien qu’elle ait des répercussions climatiques importantes (canicules, tempêtes et inondations en tout genre), d’autant plus que là encore, aucune contrainte juridique n’est imposée.

L’année 2012 annonce la fin du protocole de Kyoto, une seconde période d’engagement est alors lancée durant la Conférence de Doha. Le protocole est ainsi prolongé jusqu’en 2020 mais aucun nouvel objectif n’est ajouté. De plus, certains pays se retirent (le Canada, le Japon et la Chine), sans oublier que les deux plus gros pollueurs de la planète, les Etats-Unis et la Chine, ne sont toujours pas concernés.

La COP 21 comme on le sait, a permis la construction d’un accord universel sur le climat qui devait se concrétiser lors de la Conférence de Marrakech l’année suivante, par l’élaboration du « rulebook », qui 3 ans après, reste toujours à établir.

Après deux semaines de négociations, que faut-il retenir de la COP 24 ?

Bien que les résultats n’aient pas été très concluants, la COP24 s’est terminée, le décembre, par l’adoption d’un manuel de 150 pages sur l’application de l’accord de Paris. Cet accord a demandé aux pays d’établir un cadre de transparence par rapport à leurs plans d’action nationaux dans le but de promouvoir la confiance entre eux. De plus, des mesures d’évaluation collective portant sur l’efficacité de la lutte contre le réchauffement climatique ont été négociées pour 2023, et ce fut l’occasion d’aborder à nouveau la question du financement, où il a été décidé de mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020.

Cette COP 24 n’a pas eu une grande résonance dans les médias en raison de ses faibles réalisations d’objectifs plus ambitieux. Déjà, le président polonais a fait référence lors de son discours introductif aux évènements de Paris dans le but de montrer qu’il n’imposera pas une politique environnementale dans son pays, qui plus est, est très dépendant au charbon. Ensuite, la plupart des échecs survenus ont été dû aux différents de chaque pays, ce qui fut notamment le cas de la question sur les mécanismes du marché, dont les négociations ont été reportées à la prochaine Conférence qui se tiendra l’année prochaine au Chili. Affaire à suivre.

Les citoyens attendent des actions concrètes : des mobilisations citoyennes apparaissent

La mobilisation climat du 13 octobre 2018 à Paris. Crédits: https://alternatiba.eu/

Alors que pour 2020, on s’attendait à de nouvelles mesures permettant de limiter l’augmentation des températures à 2°C, voire 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels pour 2100, les négociations n’ont pas été concluantes pour agir concrètement à partir de cette date et faire évoluer le principe du protocole de Kyoto comme il se doit.

Heureusement, plusieurs initiatives se mettent en place par les citoyens épaulés d’ONG pour évoquer le ras-le-bol de l’inaction des Etats. On pense notamment aux différentes mobilisations de la marche pour le climat. Des youtubeurs ont d’ailleurs participé à une campagne pour promouvoir celle du 13 octobre 2018 et inciter à l’action individuelle par des propositions d’actions sur le site Il est encore temps. Parallèlement, 4 associations se sont rassemblées pour créer L’Affaire du siècle, dans le but d’obtenir 3 000 000 signatures pour demander justice contre l’Etat sur ses engagements climatiques (on est plus de 2 150 000 pour le moment !).

Dans le même esprit, les jeunes commencent à se mobiliser sérieusement pour leur avenir, par le biais de conférences internationales des jeunes pour le climat (COY), ou encore depuis 2018 par le biais de grèves étudiants, mais également par la signature de texte comme celui du Manifeste pour un réveil écologique (qui compte plus de 30 000 signataires à ce jour et qui a fait l’objet d’une lettre remise en main propre au Président de la République en décembre). Depuis janvier 2019, des grèves ont même réussi à mobiliser des dizaines de milliers de manifestants à Bruxelles, c’est pour dire leur ampleur.

Les jeunes générations sont celles qui sont le plus concernées, et c’est pour cela qu’en nous mobilisant sur tous les fronts, des mesures pourront être prises en faisant changer nos mentalités et nos modes de consommation pour mieux faire pression sur les pays !
A noter, 3 grands évènements majeurs cette fin de semaine:
La grève mondiale pour le climat le 15 mars, suivie de la marche du siècle le lendemain.
Également durant ces deux jours, un Boycott Citoyen. L’avenir est entre nos mains.

Crédits: Pexels

Elisa Dupire, Reporter ImpAct

Sources:

https://www.liberation.fr/planete/2018/12/02/cop-24-planete-chaude-pays-frileux_1695582

https://news.un.org/fr/story/2018/12/1031821

https://www.franceculture.fr/ecologie-et-environnement/cop24-comment-va-la-planete-trois-ans-apres-laccord-de-paris

https://www.compteco2.com/article/historique-cop-conference-des-parties/

https://www.domofinance.com/actualites/ecologie/de-la-cop-1-a-la-cop-22-petite-histoire-des-sommets-internationaux

https://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_des_parties

https://www.greenpeace.fr/climat-mobilisation-generale-contre-linaction/