Les questions environnementales au Festival de Géopolitique

Cette semaine s’est déroulée la 10ème édition du Festival de Géopolitique de Grenoble à GEM, dont le thème était : « Un XXIème siècle américain ? ». L’occasion d’aborder la politique environnementale des Etats-Unis lors d’une conférence qui s’est tenue samedi 17 mars.

Les Etats-Unis, qui représentent un peu plus de 4% de la population mondiale, sont le 2ème émetteur de gaz à effet de serre de la planète : ils pesaient 14% des émissions de CO2 du monde en 2014. Le mode de vie américain a un impact écologique gigantesque : il faudrait l’équivalent en ressources de 5 planètes Terre si le monde entier vivait à l’américaine. Le climatoscepticisme est répandu parmi les Américains, et le Président Donald Trump s’est récemment fait remarquer dans le domaine en décidant de se désengager de l’Accord de Paris sur le climat approuvé en 2015. Dans ce contexte, il est pertinent de s’interroger sur les questions environnementales et climatiques aux Etats-Unis.

C’est ce qu’ont proposé trois invitées du festival de géopolitique qui s’est tenu à Grenoble, principalement à Grenoble Ecole de Management du mercredi 14 au samedi 17 mars 2018. Stéphanie Beucher, docteure en géographie, spécialiste de la géographie des risques et professeure de géopolitique, et Marine Boyer, professeure agrégée d’anglais et spécialiste de la civilisation américaine, nous ont présenté la situation des enjeux climatiques et environnementaux dans la politique américaine.

Les invitées ont abordé l’historique des questions environnementales, avec la création des parcs nationaux et la volonté de protéger le patrimoine naturel. Elles ont également présenté les initiatives politiques, comme celles du Parti Vert, le rôle des instances administratives, comme l’EPA (Environmental Protection Agency) mais aussi des autres acteurs (les lobbys, les industriels, les compagnies d’assurance…).

Pascale Nédélec, docteure en géographie urbaine et spécialiste des Etats-Unis, a complété ce tableau en proposant une étude de cas sur Las Vegas. La croissance démographique monstre que subit la métropole américaine (+ 83% entre 1990 et 2000) entraîne une pression foncière importante, qu’il semble difficile de concilier avec la préservation de l’environnement, notamment sur la question des ressources hydriques.

Cette conférence a permis de comprendre la complexité de la situation aux Etats-Unis, où les acteurs sont très nombreux et différents, notamment du fait de la taille de l’Etat et de sa structure politique. Il en est ressorti qu’il ne faut pas négliger l’importance des acteurs locaux, qui jouent un rôle fondamental dans le domaine environnemental dans un contexte parfois anti-fédéraliste (l’Etat fédéral n’est pas assez efficace, il faut agir nous-mêmes).