L’Australie, mauvaise élève de la COP21

Deux semaines après l’accord de Paris, l’Australie ne semble toujours pas avoir compris pourquoi elle s’est engagée à le ratifier. En effet, le premier ministre du pays, Malcolm Turnbull, vient de rejeter un moratoire sur l’exploitation du charbon dans le pays, alors qu’il s’agit une activité fortement émettrice de GES (Gaz à  Effet de Serre).

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Certes, l’accord issu de la COP21 entre normalement en vigueur en 2020, mais l’Australie ne semble pas se préparer à une transition énergétique. Aujourd’hui, le pays rejette environ 1,3% des émissions de GES dans le monde, mais avec une population de 23 millions d’habitants, il est un des plus gros émetteurs de la planète par habitant. Ses émissions viennent essentiellement de son important secteur minier et de sa production charbonnière.

Mais malgré cette réalité, les dirigeants refusent de réduire l’exploitation du charbon dans le pays pour le moment et continuent à sacrifier l’environnement au profit de leur économie. M. Turnbull affirme que « Si l’Australie cessait ses exportations, les pays qui achètent [son] charbon iraient simplement l’acheter ailleurs » et ajoute que le charbon australien est « largement plus propre que celui de la plupart des autres pays »…

Cela doit sûrement être aussi la raison pour laquelle le pays a autorisé un projet controversé d’agrandissement d’un port charbonnier dans la région du Queensland, au grand dam des associations de défense de l’environnement qui sont mobilisées contre ce projet depuis des mois.

Le port en question s’appelle Abbot Point et se situe à proximité du parc marin de la Grande barrière de corail, inscrite au patrimoine de l’humanité. Pour les défenseurs de l’environnement, cette proximité du port avec la Grande barrière représente une menace. L’expansion d’Abbot Point, qui va produire 1,1 million de mètres cubes de déchets de dragage, va clairement dégrader l’environnement. De même, les écologistes expliquent que les coraux et les algues seront asphyxiés et que les espèces animales abritées dans les eaux de Point Abbot seront négativement affectées.

Certains rétorqueront que le projet n’est pas australien et que c’est une entreprise privée indienne qui le dirige, mais rappelons qu’il a été autorisé dans la capitale australienne Canberra. Il s’agit d’un des premiers projets polluants autorisés après la COP21, espérons qu’il soit aussi l’un des derniers.

Hapsatou Lô – Reporter ImpAct