5 raisons de continuer à croire en la lutte contre le réchauffement climatique

Le 12 décembre 2015 était adopté l’Accord de Paris sur le climat, signe d’une prise de conscience internationale des enjeux du réchauffement climatique. Cependant, depuis le 1er juin 2017, date à laquelle le président américain Donald Trump annonçait le retrait des Etats-Unis de l’Accord, et depuis le cri d’alarme de quinze mille scientifiques sur l’état de la planète en novembre à lire ici, les espoirs de voir les objectifs de l’accord respectés se sont largement amenuisés. Pourtant il existe de nombreuses raisons de continuer à croire en la lutte contre le réchauffement ; en voici cinq.

 

  • Les Etats-Unis demeurent un acteur de la lutte pour le climat

Les principaux espoirs concernant les Etats-Unis reposent sur le fait que le pays soit fédéral, décentralisé et divisé au sujet du réchauffement climatique. Malgré la suppression par Donald Trump et son administration de nombreuses régulations environnementales, 20 des 50 Etats fédérés, une centaine de villes et un millier d’entreprises comme Apple, Facebook, Google and Microsoft, suivent les recommandations de l’Accord de Paris en mettant en place des objectifs chiffrés. Les initiatives telles que « We are still in » et « America’s pledge » regroupent gouverneurs, maires, entreprises, investisseurs et universités, et font partie de cette mobilisation dans le pays.

 

  • Les métropoles mondiales se mobilisent

En octobre 2017, les maires membres de l’organisation mondiale C40  se sont retrouvés à Paris pour réaffirmer leur engagement dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le C40 a été créé en 2005 et compte 81 des plus grandes villes du monde, représentant 70% des émissions de gaz à effet de serre. Aujourd’hui, leur but est de montrer que le retrait de l’Accord par Donald Trump « ralentit la marche (…) mais ne peut pas la bloquer » selon les mots d’Anne Hidalgo, maire de Paris et présidente du C40 depuis 2016. Parmi les objectifs de ces grandes villes, abandonner progressivement l’utilisation des véhicules à combustion fossile, devenir « zone à émission zéro » d’ici à 2030, favoriser la marche, le cyclisme et les transports en commun.

Crédits : PATRICK KOVARIK/AFP

 

  • Les forêts peuvent nous aider à lutter contre le réchauffement climatique

Les forêts retiennent des tonnes de CO2 ; si les espoirs d’arrêt de la déforestation se concrétisent, on estime que cela permettrait de capturer 100 milliards de tonnes de CO2 de plus d’ici à 2100. Ce miracle naturel nous aiderait à nous rapprocher de nos objectifs de réduction de la montée des températures. Des pays et des entreprises se mobilisent contre la déforestation. La Chine et l’Inde notamment ont œuvré à leur reboisement. Le 2 juillet 2017, l’Inde a organisé une impressionnante opération de reboisement :  66 millions d’arbres ont été plantés en 12 heures par 1,5 million de personnes dans le nord de l’Inde.

Crédits : AP Photo / Rajesh Kumar Singh

 

  • La résistance s’organise contre les énergies fossiles

La construction de centrales à charbon ralentit dans le monde entier selon les organisations américaines Coalswarm, Sierra Club et Greenpeace. L’industrie du charbon est responsable de 40% des émissions de CO2 dans le monde. Les pays développés veulent y renoncer, comme le Royaume Uni, l’Italie ou le Canada, les pays en voie de développement s’en détournent, comme la Chine ou l’Inde où de nombreux projets sont abandonnés. Cependant, le recul actuel du charbon n’est pas suffisant pour tenir les objectifs de l’Accord de Paris. Des campagnes de désinvestissement sont lancées pour pousser les banques, les fonds d’investissement, les universités à cesser de financer des projets d’énergie fossile. La coalition « Unfriend Coal » incite les compagnies d’assurance à ne plus couvrir les projets de construction de centrales à charbon selon leur slogan, « stop the insurance, protect the climate ». Les entreprises qui veulent développer des projets d’énergie fossile font également de plus en plus face à des mouvements de résistance populaire contre les énergies fossiles notamment en Afrique.

 

  • Les énergies renouvelables sont en plein essor

C’est aussi la plus grande compétitivité des énergies renouvelables qui change la donne et attire les investisseurs. Depuis plusieurs années, les investissements dans les projets énergétiques se font majoritairement en faveur des énergies renouvelables. Le développement de l’économie verte pousse aussi de plus en plus les Etats à se tourner vers les énergies renouvelables. Le Portugal, au mois de mars 2018, a produit plus de 100% de ses besoins en électricité via les énergies renouvelables.

Pauline Molinari, reporter ImpAct

Sources

Malgré Trump une partie des Etats-Unis se bat pour honorer les objectifs climat, Libération, 31 mars 2018

We are still in, l’initiative des poids lourds de l’économie américaine pour défier Donald Trump sur l’accord de Paris, Novethic, 6 juin 2017

La construction des centrales à charbon ralentit dans le monde entier, Sciences et Avenir, 23 mars 2018

Les villes revitalisent l’accord de Paris, Libération, 23 octobre 2017

Climat, 6 raisons de ne pas désespérer, Libération, 16 novembre 2017